Complices
17 févr. 2013Sein, un matin d’été
Tous les grands père devrait être marins, je trouve que grand-père, ça va avec marin.
Même sans barbe, sans pipe et sans caban. J’ai rêvé d’avoir un pépé marin. Qui connaît tous les trucs, sage et solide comme un roc, avec l’expérience de milliards de vague et de rochers. Un papi qui rentre au port les yeux fermés, qui ne parle presque pas, mais quand il parle c’est bien, qui apprendra à ses petits enfants le sens marin.
La petite, cette veinarde, l’écoute avec de grands yeux. Vraiment : elle écoute avec ses yeux. Il ne faut pas poser trop de questions, ça l’agace, il dit qu’il faut regarder et faire. Elle le regarde comme dieu le père. C’est qu’il faut du génie pour arriver à Sein sans se casser les os. Ou il faut être grand-père. Il a beau lui expliquer que tout est marqu é là sur cette carter jaune et bleue, elle sait bien qu’il y a un truc. Peut-être qu’il a commandé à des dauphins de conduire le bateau sous l’eau. « Tu vois Mathilde, les petites étoiles, là, indiquent qu’il y a des rochers, mais on ne les voit pas toujours. » Comment sait-il les éviter, alors ? Mathilde cherche à lire le secret sur le visage de son grand-père. Il tout depuis le début.
