Photo Jacques Vapillon

Photo Jacques Vapillon

Golfe de Gascogne, fin juin
N’eût été la gîte, on pourrait dire « sans les mains ». Il nous arrive d’être assez cools, façon curacao-sports de glisse. On fonce, mais tout en farniente. Onze nœuds, torse nu. Par ce temps-là, la navigation prend des allures de grand pique-nique. Bon vent belle mer, un air vif, chaud et frais à la fois. Qui donne comme des vapeurs de bonheur. Des bouffées de vie. Les sourires éclatent, les regards chantent, les manœuvres filent. Rien ne pèse. On ressemble aux dauphins qui font la course, grisés. Une surpuissance flotte au cœur, une énergie légère et vive, on en boufferait, on boufferait du winch. Une impression de réglage parfait. Comme si ce vent et cette mer avait été fait pour ce bateau. Et les gens lui ressemblent. Ils ressemblent à un bateau qui s’ébat dans le beau temps. Il s’élance et tout le monde est emporté : les humains comme les bateaux voguent dans cet état radieux. Radieux.

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