Chien et loup
17 févr. 2013Au large des Baléares, à la tombée du jour
Septième nuit. C’est l’heure que je bénis entre toutes les heures. L’heure ou je retrouve avec la mer un tête à tête abandonné la veille. Je suis de 20 heures – 23heures ou 5 heures – 8 heures. Je suis de l’aube et du crépuscule. Entre chien et loup. Je vais attendre. Je vais avoir le bonheur d’attendre l’endormissement progressif des choses. Il y a d’abord la première étoile, et puis le rose s’en va, devient bleu de Sainte Vierge.
Le vent et la mer s’allongent, le bateau ne chevauche plus. Attention à la douceur entre chien et loup. Le bateau s ‘affaisse comme quelqu’un qui tombe dans les pommes, alors on à beau tout essayer, les voiles restent livides. Mais pas ce soir, force 3 à 20 heures chien, force 3 à 21 heures loup. A bord, il y a cet air d’aventure on est toujours gosse quand on se prépare à la nuit. On enfile les vestes de quart comme des peaux de bête et l’on veille sur la petite famille. J’entends les autres en bas faire de la musique avec leurs couverts et le bruit du vin. Je les adore, ces types, j’avais même oublié qu’avant nous ne vivions pas ensemble. Mais entre chien et loup, on n’a pas envie d’Hommes. Je vais à l’avant, regarder l’univers entre le jour et la nuit.
Et dans cette lumière, je comprends.
