Photo Dominique Lérault

Photo Dominique Lérault

Noirmoutier, rue de l’écluse, un soir de septembre 1999
Un chantier ouvert, une belle carène dans la lumière tamisée, l’envie de toucher du bois…
Short bleu, torse cuivré, Henry va et vient de son chantier à la grue sur le quai. Il mâte un joli sloop, l’espar verni pend au bout du câble comme un bijou doré au bout d’une oreille. Belle occasion de voir ce qui se scie ou se laque, se perce ou se ponce par la porte ouverte du hangar Gendron. Quelque chose d’unique et sensuel m’y attire. La couleur chair de la matière nu, le parfum des essences travaillées et les corps élancés des carènes d’antan ne laissent pas de bois. En regardant un jeune charpentier se faire les dents sur un Requin, comment contenir l’envie de caresser les galbes chauds, de pénétrer un de ces cockpits béants ! Un avant gras sort du requin. Puis une tête ravie qui m’invite à partager son plaisir, combler mon désir. Ce moment au coin d’un chantier me fait de nouveau rêver à la belle goélette blanche que je barrais dans le noir de mes nuits d’enfant.

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