Photo Dominique Lérault

Photo Dominique Lérault

Manche, retour des Scilly
Ni le jour ni la nuit. Autre chose. Visibilité nulle, mer de nuages, météo du songe. Un temps de visions, un temps d’aveugle. Quel sens marche encore ? On a perdu l’espace temps. Qu’est-ce qu’ils vont faire, déjà ? Sonner la corne ou la cloche, au moins toutes les deux minutes. Quand on s’y tient, ça rend dingue ? Qui va là ? deux hommes sur un pont, debout, voiles en berne, aux aguets. Rencontre du troisième type sous un étrange soleil de minuit. Prudents, presque arrêtés de toute façons rien ne bouge. Puis ont est rivés sur les appareils, on avait bien vu un point se rapprocher de nous sur le radar, très lentement, mais de plus en plus. Quand on ne voit rien à l’œil nue, ça fait l’effet d’un alien invisible qui va jaillir au dernier moment. Tant de danger et de méfiance. La fin de l’orientation. Et la porte ouverte à tout les imaginaires. Qu’est-ce qui flotte sur l’eau ? une épave, un vieux tronc ? ou juste un cauchemar. On à mis un gars à l’avant pour surveiller à la loupe les cinq mètres à venir, ce qui réserve la prochaine vague, à cette vitesse-là, il ne sera peut-être pas trop tard. On travers physiquement la brume. On n’écoute le rien. On regarde le rien. Alors quand deux types dans le même bateau surgissent du néant, ça fait presque chaud au cœur.

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